CISS

Comité International des Sports Silencieux

 

 

En parallèle des jeux olympiques et paralympiques, les sourds organisent depuis près d’un siècle leurs propres compétitions sportives internationales. Histoire des sports silencieux…

L’Histoire sportive mondiale des sourds

Le Comité international des sports des Sourds (CISS) ou The International Committee of Sports for the Deaf (ICSD), est une organisation créée par le Français Eugène Rubens-Alcais et le Belge Antoine Dresse le 16 août 1924, pour organiser les Deaflympics tous les quatre ans, en alternant tous les deux ans Jeux olympiques d’été et Jeux olympiques d’hiver. Le siège de l’International Committee of Sports for the Deaf est actuellement basé dans le Maryland, USA.

Treize ans plus tôt, Eugène Rubens-Alcais a créé le premier club omnisports de sourds et six ans plus tôt la Fédération sportive des Sourds- muets de France (FSSMF). Les premiers jeux internationaux silencieux eurent d’ailleurs lieu à Paris en 1924, réunissant 9 nations et 133 concurrents. En 1955, le Comité international olympique reconnaissait officiellement le CISS comme « fédération internationale à rang olympique ». Un an plus tard, le CIO récompensait le CISS par la coupe Coubertin pour services envers le sport. Mais le CISS, composé uniquement de nations européennes pendant plusieurs décennies, ne devint vraiment mondial qu’en 1981 lorsque trois villes non européennes posèrent leur candidature pour l’organisation des jeux mondiaux d’été de 1985. C’est finalement Los Angeles qui l’obtint. Des confédérations régionales ont par la suite été fondées : l’Organisation européenne pour le sport sourd (EDSO) en 1983, la confédération d’Asie- Pacifique en 1984, la Pan- Américaine en 1970 et la Fédération des sports sourds africains en 1997.

Le Vème Congrès du Comité International des Sports Silencieux. Aout 1933 à Copenhague. 1er rang : Chante (France), Dresse (Belgique), Rubens-Alcais, Président (France), Siepmann (Allemagne), Baird (Angleterre) et Nielsen (Danemark). 2ème rang : Hofer (Autriche), Marials (Finlande), Leveu (Suède), Detchebarne (France), Dronckers (Hollande), Rydén (Suède), Hauner (Tchécoslovaquie) et Brener (Hongrie). 3ème rang : Gûbelin (Suisse), Labecki ( Pologne), Pacenza (Italie) Zegerius (Hollande), Pitkänen (Finlande) et Svensson (Danemark).

Pourquoi les Sourds pratiquent à part. De 1986 à 1995, des tensions ont animé le CISS sur la question de savoir s’il devait être oui ou non rattaché au Comité international paralympique (CIP). En 1995, lors d’un congrès organisé à Helsinki, les membres du CISS ont voté à l’unanimité pour le « non », confortés dans leur décision par le CIO. Au sein de la Fédération française, même si l’on indique « entretenir des relations régulières avec les autres instances nationales sportives », on explique que « le refus est doublement réciproque : d’un côté entre sourds et entendants valides, de l’autre entre sourds et autres personnes handicapées », tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’une exception française mais d’une situation mondiale. Les raisons de ce refus varient bien entendu selon les catégories de personnes : pour les personnes handicapées se pose le problème de la « validité » physique des personnes sourdes qui ne favoriserait pas une équité sportive sur la ligne de départ. Pour les personnes entendantes valides, le problème semblerait venir d’un manque de réelle volonté de l’encadrement pour mettre en place les adaptations nécessaires permettant aux sourds de concourir avec eux. La médaille remportée, lors des derniers Jeux olympiques de Sidney, par un nageur sourd, à qui l’on avait consenti un départ au flash, en est un parfait contre- exemple. Enfin, côté sourds, on ne cache pas que cette situation est également le symbole de l’affirmation d’une différence, voulue tout autant culturelle que physique, exprimée de par le monde au travers d’un grand communautarisme et d’une langue, la Langue des signes.

Résultats français. En France, le sport sourd se porte plutôt bien, même s’il présente quelque retard par rapport à d’autres pays. La FSSF compte 4.000 licenciés, 7 ligues régionales et 80 clubs répartis dans 17 sports différents. Placée sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports, elle a les mêmes statuts, les mêmes devoirs et droits que les fédérations classiques de foot, de tennis, de ski, etc..

Nota : L’admission des athlètes sourds aux compétitions internationales est définie par une perte d’audition de 55 décibels ou plus dans l’oreille la meilleure.

La liste des fondateurs

France

Eugène Rubens-Alcais, Gaston Vialatte et Alexandre Bascoul (assesseur)

Belgique

Antoine Dresse, Émile Cornet et Valère De Decker

Royaume-Uni

MacDonald et Rev. Vernon Jones (assesseur)

Pologne

Kazimierz Wlostowski et Dmochowski

Tchécoslovaquie :

Jaroslav Riha (vice-président) et Stanislas Svacinas

Italie

Roberto de Marchi et Umberto Maglione

Hongrie

de Szalay

Pays-Bas

G.H. Koudys (vice-président) et Nederlof

Roumanie

Lieberman et Mendelsohn

Lettonie

Rosemberg

Allemagne

Manke et Hurvitz

La liste des Présidents